Male gaze

Certain·e·s n’y verront que male gaze
d’autres la poésie d’un regard
flamme d’un désir
à fleur de peau
éros palpitant
le corps de l’autre
et des frontières invisibles.


Certain·e·s n’y verront que male gaze
d’autres une contemplation
distance essentielle
altérité insondable
vertigineuse solitude
questions sans réponse
humanité.


Certain·e·s n’y verront que male gaze
d’autres une domination
sordide exploitation
pulsion scopique
misère humaine
complicité perverse
et vacuité.


Certain·e·s n’y verront que male gaze
d’autres une question
l’abîme
puits sans fond
errance obscure
jubilation fétide
et puis la mort.


Certain·e·s n’y verront que male gaze
d’autres la beauté
monde inconnu
autre invisible
puissance vulnérable
promesse magique
instant miracle.


Lausanne, 18 Décembre 2020


Le trait de Patrick Zoroddu

Il a suffi d’un post.

D’une image.

Apparue furtivement sur le mur d’une modèle.

Pas n’importe quelle modèle.

Charline, alias Lily Sly a inspiré tant d’artistes que j’admire.

Notamment Alain Bonnefoit, Angélique Boissière, Benoit Chapon ou Stéphane Louedson.


Revenons à cette image.

Un dessin en fait, au milieu de ces milliers de photos.

Un trait.

Un regard.

Une lumière.

Une découverte.

Admiration sans borne pour les vrais artistes.


Une vrai bonheur que de plonger dans cet univers singulier.

Les mots me manquent pour en décrire les contours.

Femmes. Créatures. Étranges. Sublimes. Fortes. Guerrières. Fières. Solitaires. Mystiques.

Un fantastique qui côtoie des plongées dans l’art déco.

Un art déco qui flirte avec des univers à la Hopper.

À chaque fois, ce regard.

Patrick Zoroddu est un artiste singulier que je vous invite à découvrir à travers ce blog post.


Ma petite collection a pu accueillir ces deux dessins… (inutile de préciser que le choix fut très difficile et la simple rédaction de ce billet me replonge devant tant de renoncements nécessaires).

La mer (encre 30x40cm) - Patrick Zoroddu

Pour suivre ses travaux, voici son site et son compte Instagram.


Les Pola de Gil Rigoulet

En repassant à Arles au mois d’août, j’ai été ravi de revoir l’exposition des photographies de Gil Rigoulet, et notamment ses séries de Polaroid : Pola Molitor et Pola Pool.

Son partenariat avec la maison Do Paris, marque française de maillots de bain, donne de magnifiques images, très colorées, un peu eighties, et qui ne sont pas sans rappeler l’esthétique de Guy Bourdin, dont l’exposition à Campredon (Isle-sur-la-Sorgue) reste à voir jusqu’au 6 octobre 2019.


Gil Rigoulet - Pola Molitor (2014-2016)

Gil Rigoulet - Pola Molitor (2014-2016)

Gil Rigoulet - Pola Molitor (2014-2016)

Gil Rigoulet - Pola Molitor (2014-2016)

Gil Rigoulet - Pola Molitor (2014-2016)

Affiche de l’exposition Bourdin à Campredon


Fabienne Verdier au Musée Granet (Aix-en-Provence)

Un immense merci à Elice Meng pour m’avoir parlé de l’exposition de Fabienne Verdier au Musée Granet à Aix-en-Provence. Une découverte magnifique de cette artiste et de son œuvre. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, son site web présente différentes vidéos qui montrent et expliquent son travail. D’ailleurs je recommande le visionnage de la vidéo sur le travail effectué “Sur les traces de Cézanne” avant de voir l’exposition. Cela permet de mieux appréhender la démarche et de bien préparer sa visite. La vidéo est présentée au Musée mais dans un espace trop exigu pour bien l’apprécier.

Les œuvres de Fabienne Verdier sont des peintures de très grand format qui résonnent avec le travail de Pierre Soulages. Les fonds de couleur de ses toiles sont sublimes.

Fabienne Verdier, Marche bleue, 2015

Fabienne Verdier, Clairvoyance (MU) Série : Source vives, 2006

Fabienne Verdier, Sedes Sapientiae I d’après “La vierge au chanoine Van Der Paele” de Jan Van Eyck(1436), 2011

J’ai aussi beaucoup aimé le passage au musée du Pavillon de Vendôme, qui montre l’atelier nomade et son pinceau géant (constitué d’un assemblage de 24 queues de cheval), et surtout ses “carnets” de travail qui donnent un aperçu des recherches préparatoires de l’artiste. A ce sujet, la librairie du musée propose une très belle sélection d’ouvrages sur son travail, dont un catalogue splendide et un petit livre centré sur les notes et carnets réalisés pour son projet sur L’esprit de la Peinture des Maîtres Flamands (voir : Fabienne Verdier : L’esprit de la peinture Les Maîtres Flamands Notes et carnets, par Alexandre Vanautgaerden, Erasmus House, 2013, aux Éditions Albin Michel).

Carnet d’atelier B, 2011 - Hommage au Diptyque du Calvaire de Rogier Van der Weyden - Double page 7-8, 21 × 29,5 cm


La collection du musée permet aussi d’admirer d’autres œuvres magnifiques dont L’homme qui chavire de Giacometti (qui faisait écho à ceux revus pendant l’été à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence aux côtés de l’exposition sur l’œuvre graphique de Joan Miró).

L’homme qui chavire - Alberto Giacometti - 1950


L’entrée au Musée Granet comprend aussi un billet permettant de visiter son “annexe” de la chapelle des Pénitents blancs consacrée à la magnifique Collection Jean Planque. Des toiles de Cézanne, Monet, Van Gogh, Degas et des artistes majeurs du XXe siècle tels Bonnard, Picasso, Braque, Léger, de Staël ou Dubuffet.

Picasso, Le Sauvetage (1933)

Pierre Bonnard - Torse de femme, de profil, vers 1918

Le sauvetage de Picasso résonne particulièrement en cette période de drame migratoire. Celui de Bonnard faisait écho aux œuvres vues au Cannet en Juillet au musée Bonnard (exposition de la collection Nahmad) et au livre “Elle, par bonheur, et toujours nue” de Guy Goffette lu cet été (paru chez Gallimard et réédité en poche chez Folio).


Collection Rosengart Lucerne

Cela fait un moment que j’avais entendu parler du musée de la fondation Rosengart à Lucerne. Un raccourci vers son site web restait sur mon bureau (virtuel) en attendant une visite. Nous y sommes allés hier en train et effectivement cette collection vaut le détour. Un ensemble impressionnant de plus de 300 œuvres de Picasso, Klee, Chagall, Cézanne, Matisse, Renoir, Braque, Léger et tant d’autres artistes illustres. Le tout est magnifiquement présenté et éclairé dans un bâtiment d’exception, une ancienne succursale de la Banque Nationale Suisse. La proximité des œuvres est fascinante.


Pablo Picasso, Nu accroupi, 1954 (The Rosengart Collection Lucerne)

Joan Miró, Dancer II, 1925 (The Rosengart Collection Lucerne)

Amedeo Modigliani, Cariatide, 1913/14 (The Rosengart Collection Lucerne)


Le passage à Lucerne permet aussi d’admirer la ville, son cadre unique, et ses touristes.


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